Discussions houleuses à la table du conseil municipal d'Ottawa
Le Droit, Le 11 septembre 2009
Par Dominique La Haye
L'entente à l'amiable conclue avec le consortium Siemens-Ciment St-Laurent a suscité des discussions houleuses autour de la table du conseil municipal, hier, faisant ressortir les vieilles querelles entourant l'annulation en 2006 de l'ancien projet de train léger.
La conseillère Diane Deans, en faveur de l'ancien projet, est sortie de ses gonds. L'élue a eu des mots durs à l'endroit du maire Larry O'Brien, critiquant sa promesse électorale de geler les impôts fonciers et son slogan « Zéro signifie zéro ».
« Je ne peux justifier 37 millions $ en échange de rien. Zéro signifie zéro et ici nous recevons zéro pour 37 millions. C'est une mauvaise décision et je ne peux voter en faveur de cela. C'est la pire décision que ce conseil n'ait jamais prise et maintenant nous en payons le prix », a indiqué Mme Deans.
Elle a fait valoir que la facture totale de la Ville entourant ce litige dépassait 100 millions $, si l'on tient compte des 2,4 millions en frais juridiques et des quelque 73 millions qui avaient à l'époque été investis pour mettre au point le projet de train pour le corridor nord-sud.
Même son de cloche pour sa collègue Diane Holmes. « J'avais voté pour ce projet, dit-elle. C'est un jour triste pour mes résidants qui doivent maintenant payer 36,7 millions pour rien. »
Plusieurs élus ont fait valoir que le conseil savait depuis le tout début, en 2006, que l'annulation du contrat mènerait à une poursuite et que la défense de la Ville serait faible.
« C'est un chapitre très triste pour la Ville d'Ottawa. Nous aurions dû écouter les conseils juridiques que nous avions reçus à l'époque. C'est dur à avaler pour mes résidants et ça affecte la crédibilité de la Ville », a indiqué le conseiller Steve Desroches.
Le conseiller Michel Bellemare n'a pas hésité à dire qu'il était dans l'intérêt de la Ville d'annuler l'ancien projet. L'élu estime que le conseil précédent, qui avait approuvé le projet, avait commis une erreur.
Le conseiller Peter Hume, qui était contre l'annulation du projet, estime que la prochaine campagne électorale municipale en 2010 ne portera pas sur le train léger, mais plutôt sur « comment regagner la confiance du public ».
Selon lui, depuis le début, les discussions auraient dû se dérouler en public. « C'est toujours mieux d'être ouvert et transparent plutôt que d'aller à huis clos », a-t-il dit.
« C'est la fin d'un chapitre qui n'est pas particulièrement joyeux, mais qui ouvre la porte vers notre nouveau plan de transport en commun emballant et dont veulent les citoyens », a pour sa part indiqué Larry O'Brien.
Le maire faisant référence au nouveau projet de train léger, dont la première phase de près de 2 milliards $ pour le corridor est-ouest prévoit aussi la construction d'un tunnel au centre-ville.
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