Une célébration sous la trille et le lys
Le Droit - le 25 septembre 2009
Par Philippe Orfali
Partout à l'échelle de la province, les francophones de l'Ontario ont célébré hier l'anniversaire de leur drapeau. Hissé pour la première fois à l'Université de Sudbury le 25 septembre 1975, le drapeau vert et blanc a depuis été de toutes les batailles de l'Ontario français.
Les revendications ont cependant laissé place aux célébrations, hier, à l'hôtel de ville d'Ottawa.
Près d'un millier d'écoliers s'y étaient rassemblés, en présence de nombreux élus, dignitaires et représentants de groupes communautaires, pour assister à une cérémonie de hissée du drapeau franco-ontarien aux côtés des drapeaux ottavien, ontarien et canadien.
L'Ontario a une population de près de 585 000 francophones, ce qui correspond à environ 4,8 % de la population totale de la province. Au Canada, c'est la communauté francophone la plus importante en nombre à l'extérieur du Québec.
« Ce drapeau, je le vois tous les jours à partir de mon bureau de l'hôtel de ville. C'est un rappel de notre présence francophone en Ontario et j'en suis fier », a assuré le conseiller municipal Michel Bellemare.
De son côté, le maire Larry O'Brien, qui a brièvement participé à l'événement, a prononcé quelques mots en français afin de souligner « l'importance de la francophonie à Ottawa ».
Tout autour de lui, une marée humaine habillée de vert et de blanc s'apprêtait à entonner la chanson Mon beau drapeau, créée il y a quelques années pour la journée du drapeau.
Le groupe sudburois Konflit (anciennement Konflit Dramatic) avait été mis à contribution, entonnant quelques-uns de ses succès devant la foule composée de jeunes et de moins jeunes.
« Chaque année, cette fête nous permet de célébrer notre identité franco-ontarienne. Les rassemblements comme celui-ci sont importants, non seulement pour les jeunes, mais pour nous tous », a estimé Denise Beauchamp, de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l'Ontario, région d'Ottawa.
D'Orléans, où elle se trouvait pour annoncer la création d'un nouveau prix de la francophonie ontarienne, la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur a tenu à souligner que l'Ontario français « évolue et se diversifie ».
« Notre amour de notre langue, de notre culture et de nos traditions ne cesse de se consolider », a-t-elle estimée.
Dans l'Est ontarien
Pendant ce temps, dans l'Est ontarien, maintes manifestations ont aussi souligné la journée de la trille et du lys.
À Clarence-Rockland, des centaines de jeunes ont fait tout un tabac dans les rues, animant la municipalité de leur grand tintamarre. Sifflets, cris, casseroles, pancartes et drapeaux franco-ontariens ont tous contribué à mousser la fierté francophone.
D'autres écoles ont aussi adopté la tradition acadienne, lancée il y a près de cinq ans dans les comtés de Prescott et Russell. Hier, les villages de Plantagenet et Casselman ont subi la foudre des élèves franco-ontariens pour une première fois. Et à Cornwall, l'activité est un incontournable depuis quelques années pour les francophones et francophiles.
Des célébrations particulières se sont aussi déroulées à l'École élémentaire St-Joseph, dans le cadre du 20e anniversaire de l'institution.
Un mot de François Boileau
Sur son blogue officiel, le commissaire aux services en français de la province François Boileau a déclaré que, pour lui, être Franco-Ontarien est « une question de choix personnel, une question de lutte quotidienne. Chaque geste que l'on pose se définit comme une affirmation individuelle qui a des répercussions collectives ».
AVEC JEAN-FRANÇOIs DUGAS
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